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Discussion de Salon (du livre de Montréal 2023)

Le Salon du livre de Montréal, c’est l’occasion de discuter avec le public, les parents d’enfants et d’ados et les ados eux-mêmes. Une belle conversation avec la mère d’une jeune fille de 14 ans pleine d’ambition, fonçeuse et brillante m’a poussée à chercher une façon d’illustrer un des fondements de l’auto-compassion. La maman en question m’expliquait qu’elle avait du mal à saisir pourquoi sa fille ressentait une boule d’anxiété dans son ventre depuis ses 11 ans: elle n’avait pourtant rien vécu de traumatique, aucun événement grave. Personne n’était à l’article de la mort autour d’elle, tout allait bien en apparence. Pourquoi était-elle si anxieuse, alors?

L’affaire avec le stress et l’anxiété, c’est que ce n’est pas l’événement qui indique le niveau d’anxiété que l’on ressent, c’est la façon dont on y répond. Autrement dit, c’est la façon dont on réagit à un stresseur qui compte, pas le stresseur lui-même. Tout le monde réagit différemment à une situation. Une douleur est une douleur, peu importe ce qui l’a causé. Une dépression est une dépression, peu importe qu’elle ait été déclenché par une rupture amoureuse, une perte d’emploi ou un débalancement hormonal. Le traitement sera différent, mais le mal sera pris au sérieux dans chaque cas.

Je te donne un exemple concret qui t’aidera à bien comprendre: Un skieur qui se casse une jambe en faisant du ski hors piste dans les Alpes et une jeune femme qui se casse une jambe en descendant un escalier ont la même blessure. Même si les circonstances dans lesquelles ces deux personnes se sont fracturé une jambe sont différentes, leur blessure peut être identique ou presque. Le médecin qui traitera ces fractures procédera de la même façon dans les deux cas et portera la même attention aux deux patients. On ne verra jamais de médecin dire au skieur: «Pauvre vous, c’est épouvantable! Une chute dans les Alpes françaises! Nous allons tout faire pour vous remettre sur pieds! Quelques mois de repos et de physiothérapie et le tour sera joué» Et dire à la femme qui a trébuché dans l’escalier: «Ben voyons, ma petite madame! Vous êtes juste tombée dans un escalier, il faudrait en revenir. Levez-vous, marchez comme du monde et arrêtez de vous plaindre!»

Pourquoi devrions-nous agir différemment lorsqu’il s’agit d’une blessure psychologique?

Qu’en penses-tu? Je te laisse réfléchir à ça!

-Virginie

virginyc

virginyc

Auteure, journaliste, rédactrice, pianiste, enseignante et compositrice basée à Montréal, Canada.

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